JT de TF1, le 6 juin 2025 – Interview de notre associée, Laure LANDES-GRONOWSKI (pôle IT, Data & Cyber), pour le JT de 20h de TF1 sur la possibilité pour les commerçants d’installer des caméras augmentées (et dont le fonctionnement reposer sur l’intelligence artificielle) pour détecter les erreurs ou tentatives de vols aux caisses automatiques.
Comment fonctionnent les dispositifs de caméras augmentées ?
La Cnil rappelle, dans sa communication du 6 mai 2025 disponible sur son site internet, que les caisses automatiques équipées de caméras augmentées utilisent un logiciel pour analyser les images en temps réel.
Positionnées généralement en hauteur au-dessus de la caisse automatique, ces caméras filment l’espace de la caisse, dont le client, son panier d’achat et les produits à scanner, la zone de scan et celle où sont placés les produits une fois scannés.
L’algorithme utilisé permet de détecter différents « événements » (par exemple, reconnaître ou suivre les produits, les mains des personnes, ou encore la position d’une personne par rapport à la caisse) afin de vérifier que chaque produit est effectivement scanné.
En cas d’anomalie, une alerte peut s’afficher pour permettre au client de se corriger en autonomie ou déclencher l’intervention d’un employé, voire bloquer la caisse concernée.
Quelles garanties doivent être déployées pour l’utilisation de caméras augmentées ?
Les commerçants qui souhaite implémenter ce type de dispositifs doivent se conformer à la règlementation applicable, notamment en matière de protection des données personnelles et prendre certaines précautions, telles que :
– s’assurer que le dispositif est nécessaire à l’objectif poursuivi (cf. privilégier le recours à des solutions alternatives moins intrusives, s’assurer de l’efficacité du dispositif au moyen d’expérimentations et d’analyses des performances et résultats du dispositif,…) ;
– s’assurer que le dispositif de caméras augmentées ne porte pas une atteinte disproportionnée aux droits des personnes (cf. restreindre le périmètre de captation au niveau des caisses, informer clairement les personnes du fonctionnement du dispositif, limiter les détections réalisées aux moins intrusives, ne pas prévoir de conséquence automatique pour les personnes, à l’exception par exemple d’un éventuel blocage de la caisse en vue de vérifications par le vendeur, ne conserver aucune donnée à des fins de preuve ou pour créer une liste de personnes ayant fait l’objet d’un signalement,…) ;
– limiter la collecte d’images au strict nécessaire (cf. restreindre l’angle de prise de vue de la caméra à la zone où se trouvent les éléments nécessaires pour le fonctionnement de l’algorithme (en évitant notamment de filmer les visages), limiter la collecte de données comme les images de cartes bancaires, d’autres objets ou encore l’écran du téléphone, qui sont généralement utilisés lors de la transaction, utiliser des techniques de pixellisation ou de floutage (voire l’obstruction complète ou masquage des zones de non-intérêt,…) ;
– limiter les fonctionnalités des caméras augmentées au strict nécessaire (cf. s’assurer que la solution exclut l’enregistrement du son, qui n’est pas nécessaire pour la détection, la détection d’actions ou de comportements qui ne sont pas utiles, comme l’hésitation du client, ou encore la détection des émotions ou des caractéristiques physiques du client (âge, genre, corpulence, visage, couleur de peau, etc.)) ;
– ne pas utiliser de tels dispositifs à des fins d’identification unique des personnes ;
– informer les personnes concernées (à cet égard, la Cnil recommande de fournir une information spécifique à la fois par voie d’affichage dans le magasin et sur l’écran de la caisse automatique) ;
– permettre un droit d’opposition effectif des personnes concernées au traitement de leurs données personnelles par les caméras augmentées ;
– supprimer les données à l’issue de la détection ;
– prendre des mesures complémentaire pour la protection des données personnelles des personnes concernées en cas de réutilisation des images à des fins d’amélioration de l’algorithme de détection.
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Pour (re)voir le reportage en replay sur le site de TF1, c’est ici : Le JT de 20 heures de TF1 du vendredi 6 juin 2025 – Journal de 20 heures | TF1 (à partir de 19 min 52).
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Le Pôle « IT, Data & Cyber » d’Agil’IT se tient à votre disposition pour vous accompagner dans la mise en conformité de vos pratiques et de vos process, et sécuriser juridiquement le déploiement de vos dispositifs au regard de la règlementation applicable en matière de protection des données personnelles et d’intelligence artificielle.
Par AGIL’IT – Pôle IT, Data & Cyber
Laure LANDES-GRONOWSKI, Avocate associée

