{"id":9078,"date":"2021-02-09T08:56:39","date_gmt":"2021-02-09T07:56:39","guid":{"rendered":"https:\/\/www.agilit.law\/?p=9078"},"modified":"2021-02-09T08:56:39","modified_gmt":"2021-02-09T07:56:39","slug":"charte-informatique-pas-opposable-salarie-pas-connaissance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.agilit.law\/en\/droit-technologie-et-informations-donnees-personnelles\/charte-informatique-pas-opposable-salarie-pas-connaissance\/","title":{"rendered":"La charte informatique n\u2019est pas opposable au salari\u00e9 qui n\u2019en a pas eu connaissance !"},"content":{"rendered":"<p><em>Un arr\u00eat r\u00e9cent de la Cour d\u2019appel de Paris (CA Paris, p\u00f4le 6, <\/em><em>ch. 8, 25 nov. 2020, n\u00b0 17\/09132 &#8211; reproduit ci-dessous) <\/em><em>\u00e9carte comme irrecevable le <\/em><em>mode de preuve consistant en un listing de connexions <\/em><em>informatiques produit en justice par l\u2019employeur ayant servi <\/em><em>de fondement au licenciement d\u2019un salari\u00e9 pour utilisation <\/em><em>abusive de son ordinateur et des outils professionnels \u00e0 des fins <\/em><em>personnelles pendant le temps de travail, au motif que la <\/em><em>charte informatique de l\u2019entreprise concern\u00e9e n\u2019\u00e9tait pas <\/em><em>opposable au salari\u00e9 qui n\u2019en avait pas eu connaissance. La C<\/em><em>our en profite \u00e9galement pour rappeler les conditions <\/em><em>d\u2019opposabilit\u00e9 aux salari\u00e9s de la charte informatique.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>Les r\u00e8gles g\u00e9n\u00e9rales applicables aux moyens de <\/strong><strong>contr\u00f4le de l\u2019activit\u00e9 des salari\u00e9s<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans son arr\u00eat du 25 novembre 2020, la Cour d\u2019appel de Paris rappelle les r\u00e8gles applicables aux moyens de contr\u00f4le utilis\u00e9s par l\u2019employeur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les faits concernent un salari\u00e9 licenci\u00e9 pour avoir fait un usage qui serait abusif de son ordinateur \u00e0 des fins personnelles, en passant plus de temps sur Internet \u00e0 des fins personnelles qu&#8217;\u00e0 effectuer son travail alors que la charte informatique de la soci\u00e9t\u00e9 concern\u00e9e pr\u00e9voyait que les salari\u00e9s ne pouvaient utiliser Internet \u00e0 des fins priv\u00e9es que dans des proportions raisonnables. L\u2019employeur avait d\u00e9tect\u00e9 ces connexions priv\u00e9es excessives du salari\u00e9 par le biais de contr\u00f4les effectu\u00e9s sur les listings (ou journaux) de logs de connexion issus du syst\u00e8me d\u2019information de l\u2019entreprise, listings sur lesquels il se fondait pour rapporter en justice la preuve desdites connexion.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tout d\u2019abord, la Cour d\u2019appel se fonde sur <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/article_lc\/LEGIARTI000006900785\/\">l\u2019article L.1121-1 du Code du travail<\/a> en vertu duquel nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libert\u00e9s individuelles et collectives des restrictions qui ne seraient pas justifi\u00e9es par la nature de la t\u00e2che \u00e0 accomplir ni proportionn\u00e9es au but recherch\u00e9. En l\u2019occurrence, elle pr\u00e9cise donc que \u00ab <strong><em>les moyens de contr\u00f4le <\/em><\/strong><strong><em>utilis\u00e9s ne doivent pas apporter aux droits et libert\u00e9s <\/em><\/strong><strong><em>des salari\u00e9s des restrictions non proportionn\u00e9es ni <\/em><\/strong><strong><em>justifi\u00e9es par la t\u00e2che \u00e0 accomplir<\/em> <\/strong>\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ensuite, les magistrats rappellent qu\u2019en vertu de <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/article_lc\/LEGIARTI000006900861\/\">l\u2019article L.1222-4<\/a> du m\u00eame code, une information concernant personnellement un salari\u00e9 ne peut \u00eatre collect\u00e9e par un dispositif qui n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 port\u00e9 pr\u00e9alablement \u00e0 sa connaissance. S\u2019agissant des moyens de contr\u00f4le ici utilis\u00e9s par l\u2019employeur, \u00ab<em> les salari\u00e9s doivent <\/em><em>\u00eatre<\/em><strong><em> inform\u00e9s<\/em><\/strong><em> notamment de la <\/em><strong><em>finalit\u00e9 du dispositif <\/em><\/strong><strong><em>de contr\u00f4le <\/em><\/strong><em>et de la<\/em><strong><em> dur\u00e9e pendant laquelle les <\/em><\/strong><strong><em>donn\u00e9es de connexion \u00e0 internet sont conserv\u00e9es<\/em><\/strong> \u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Enfin, en vertu de l\u2019<a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/article_lc\/LEGIARTI000006901962\/2008-05-01\">ancien article L.2323-32<\/a> (actuel <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/article_lc\/LEGIARTI000035610275\/\">article L.2312-38<\/a>) du m\u00eame code, la Cour d\u2019appel rel\u00e8ve pour m\u00e9moire que le comit\u00e9 d&#8217;entreprise (devenu depuis le comit\u00e9 social et \u00e9conomique ou \u00ab CSE \u00bb) doit \u00eatre <strong>inform\u00e9 et consult\u00e9, <\/strong><strong>pr\u00e9alablement<\/strong> \u00e0 la d\u00e9cision de mise en \u0153uvre dans l&#8217;entreprise, sur les moyens ou les techniques permettant un contr\u00f4le de l&#8217;activit\u00e9 des salari\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le moyen de contr\u00f4le de l\u2019activit\u00e9 des salari\u00e9s qui ne respecterait pas ces r\u00e8gles serait illicite.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>L\u2019opposabilit\u00e9 de la charte informatique conditionn\u00e9e <\/strong><strong>par l\u2019information explicite du salari\u00e9 <\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour ce qui concerne plus sp\u00e9cifiquement l\u2019information pr\u00e9alable devant \u00eatre port\u00e9e \u00e0 l\u2019attention des salari\u00e9s s\u2019agissant des moyens de contr\u00f4le utilis\u00e9s au sein d\u2019une entreprise, la Cour d\u2019appel ajoute que si l\u2019employeur est susceptible de prendre une <strong>mesure disciplinaire <\/strong>en se fondant <strong>sur des fichiers qu\u2019il <\/strong><strong>a conserv\u00e9s et examin\u00e9s, <\/strong>par exemple sur un <strong>listing de <\/strong><strong>connexions informatiques<\/strong>, \u00ab\u00a0<em>les salari\u00e9s doivent en \u00eatre <\/em><em>explicitement inform\u00e9s, par exemple, au moyen d&#8217;une charte<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Si cette information peut donc se faire par l\u2019\u00e9tablissement d\u2019une charte informatique, elle doit n\u00e9anmoins \u00eatre personnelle et explicite, ce dont il r\u00e9sulte que ladite charte pour \u00eatre opposable aux salari\u00e9s doit avoir \u00e9t\u00e9 port\u00e9e \u00e0 la connaissance de ces derniers de mani\u00e8re sp\u00e9cifique et l\u2019employeur doit \u00eatre en mesure de le prouver.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, les juges rel\u00e8vent que la charte informatique de la soci\u00e9t\u00e9 pr\u00e9voyait effectivement que les salari\u00e9s ne pouvaient utiliser l\u2019Internet \u00e0 des fins priv\u00e9es que dans des proportions raisonnables et que l\u2019employeur conservait les caract\u00e9ristiques techniques, ainsi que la date, l\u2019horaire et la dur\u00e9e de chaque communication. Ils pr\u00e9cisent n\u00e9anmoins que <strong>cette charte <\/strong><strong>n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 sign\u00e9e par le salari\u00e9 licenci\u00e9<\/strong>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La Cour d\u2019appel ajoute que :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>la charte informatique n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 annex\u00e9e au <\/strong><strong>contrat de travail dudit salari\u00e9 ni au r\u00e8glement <\/strong><strong>int\u00e9rieur de la soci\u00e9t\u00e9 ;<\/strong><\/li>\n<li><strong>la mise en ligne de la charte sur l\u2019intranet de <\/strong><strong>l\u2019entreprise ne saurait suffire<\/strong> pour satisfaire \u00e0 l\u2019obligation d\u2019information du salari\u00e9. En effet, une telle pratique constitue davantage une information collective que personnelle et explicite (\u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 que si une information collective ne peut remplacer une information individuelle, elle peut toutefois utilement l\u2019accompagner).<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Par ailleurs, le salari\u00e9 doit avoir eu connaissance de la charte <strong>au <\/strong><strong>moment des faits qui lui sont reproch\u00e9s.<\/strong> L\u2019employeur ne saurait donc utilement avancer que le salari\u00e9 avait bien connaissance de la charte puisqu\u2019il la verse au d\u00e9bat dans le cadre d\u2019une action en justice.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ainsi, retenant qu\u2019il n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 satisfait \u00e0 l\u2019exigence de l\u2019information personnelle et explicite des salari\u00e9s, les juges consid\u00e8rent que les fichiers examin\u00e9s et conserv\u00e9s par l\u2019employeur, notamment le listing de connexions informatiques, <strong>ne <\/strong><strong>peuvent servir de fondement \u00e0 une mesure <\/strong><strong>disciplinaire prise \u00e0 l\u2019encontre du salari\u00e9 car ils lui sont inopposables et constituent des moyens de preuve illicites et irrecevables<\/strong>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La mesure disciplinaire prononc\u00e9e et critiqu\u00e9e en l\u2019esp\u00e8ce \u00e9tant un licenciement, ledit licenciement est jug\u00e9 sans cause r\u00e9elle et s\u00e9rieuse dans la mesure o\u00f9 les autres griefs du licenciement ne sont pas \u00e9tablis.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><strong>Les enjeux de la m<\/strong><strong>ise en place d\u2019une charte informatique au sein de l\u2019entreprise<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Face \u00e0 l\u2019usage croissant et n\u00e9cessaire des technologies de l\u2019information et de la communication au travail (ordinateur, smartphone, tablette, logiciels, messagerie \u00e9lectronique, etc.), la mise en place d\u2019une charte informatique est de plus en plus fr\u00e9quente et devient en tout \u00e9tat de cause indispensable\u00a0!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Elle permet <strong>d\u2019encadrer et de s\u00e9curiser l\u2019usage<\/strong> des ressources et moyens informatiques et de communications mis \u00e0 disposition du salari\u00e9 par son employeur en fixant <strong>les<\/strong> <strong>droits et obligations<\/strong> opposables au salari\u00e9 et <strong>les sanctions<\/strong> disciplinaires encourues par ce dernier en cas de non-respect de la charte.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9laboration d\u2019une charte informatique permet en outre \u00e0 l\u2019employeur d\u2019informer ses salari\u00e9s sur les moyens de contr\u00f4le utilis\u00e9s, pr\u00e9alable n\u00e9cessaire pour l\u2019employeur aux fins <strong>de se constituer des preuves<\/strong> recevables en cas de litige.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Une telle charte peut notamment venir pr\u00e9ciser\u00a0: les modalit\u00e9s d\u2019acc\u00e8s et d\u2019authentification des utilisateurs aux outils et au syst\u00e8me d\u2019information, les modalit\u00e9s d\u2019utilisation des moyens informatiques et de t\u00e9l\u00e9communications mis \u00e0 disposition comme par exemple le poste de travail, la messagerie \u00e9lectronique, la t\u00e9l\u00e9phonie ou les espaces de stockage, ainsi que les conditions d\u2019administration du syst\u00e8me d\u2019information, et l\u2019existence, le cas \u00e9ch\u00e9ant, de syst\u00e8mes automatiques de filtrage ou de tra\u00e7abilit\u00e9, et plus g\u00e9n\u00e9ralement de tous dispositifs de contr\u00f4le des salari\u00e9s et leurs finalit\u00e9s d\u2019utilisation (en particulier le fait qu\u2019ils peuvent \u00eatre utilis\u00e9s par l\u2019employeur aux fins de rapporter la preuve des manquements d\u2019un salari\u00e9 aux obligations \u00e0 la charge de ce dernier) et, enfin, les responsabilit\u00e9s et sanctions encourues en cas de non-respect de la charte.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, aux fins de r\u00e9pondre aux objectifs pr\u00e9cit\u00e9s, les stipulations de la charte informatique doivent \u00eatre port\u00e9es \u00e0 la connaissance des salari\u00e9s et \u00eatre rendues opposables \u00e0 ces derniers, ce que l\u2019arr\u00eat d\u2019esp\u00e8ce rappelle fort \u00e0 propos.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>En pratique, il est fortement recommand\u00e9 d\u2019int\u00e9grer ou d\u2019annexer une telle charte informatique au r\u00e8glement int\u00e9rieur de l\u2019entreprise<\/strong>, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019elle devra alors pour ce faire \u00eatre soumise \u00e0 l&#8217;avis du CSE, \u00eatre d\u00e9pos\u00e9e au greffe du conseil de Prud&#8217;hommes et \u00eatre transmise \u00e0 l&#8217;Inspection du travail.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 *<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><span style=\"font-size: 10.5pt; font-family: 'Lucida Sans',sans-serif; color: #5d6c77;\">Le P\u00f4le &#8220;<a href=\"https:\/\/www.agilit.law\/expertises\/technologies-de-linformation-donnees-personnelles\/\">IT &amp; data protection<\/a>&#8221; et le P\u00f4le &#8220;<a href=\"https:\/\/www.agilit.law\/expertises\/droit-du-travail-securite-sociale\/\">Droit social<\/a>&#8221; d\u2019AGIL\u2019IT se tiennent \u00e0 votre disposition pour vous accompagner en vue de l\u2019\u00e9laboration et du d\u00e9ploiement (voire de la mise \u00e0 jour) de votre charte informatique ou charte d\u2019utilisation des ressources informatiques et de communication.<\/span><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Par AGIL&#8217;IT<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.agilit.law\/cabinet\/equipe\/laure-landes-gronowski\/\">Laure LANDES-GRONOWSKI<\/a>, Avocate associ\u00e9e au sein du &#8220;<a href=\"https:\/\/www.agilit.law\/expertises\/technologies-de-linformation-donnees-personnelles\/\">P\u00f4le IT &amp; data protection<\/a>&#8221;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.agilit.law\/cabinet\/equipe\/sandrine-henrion\/\">Sandrine HENRION,<\/a>\u00a0Avocate associ\u00e9e au sein du P\u00f4le &#8220;<a href=\"https:\/\/www.agilit.law\/expertises\/droit-du-travail-securite-sociale\/\">Droit social<\/a>&#8221;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*******<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"jEn\"><\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div>Copies ex\u00e9cutoires REPUBLIQUE FRANCAISE<\/div>\n<div class=\"jDC\">\n<div class=\"jFL\">\n<p>d\u00e9livr\u00e9es le : AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS<\/p>\n<p>COUR D&#8217;APPEL DE PARIS<\/p>\n<p>P\u00f4le 6 &#8211; Chambre 8<\/p>\n<p>ARRET DU 25 NOVEMBRE 2020<\/p>\n<p>(n\u00ba , 1 pages)<\/p>\n<p>Num\u00e9ro d&#8217;inscription au r\u00e9pertoire g\u00e9n\u00e9ral : N\u00b0 RG 17\/09132 &#8211; N\u00b0 Portalis 35L7-V-B7B-B3WNE<\/p>\n<p>D\u00e9cision d\u00e9f\u00e9r\u00e9e \u00e0 la Cour : Jugement du 27 Avril 2017 -Conseil de Prud&#8217;hommes &#8211; Formation paritaire de PARIS &#8211; RG n\u00ba F15\/14672<\/p>\n<p>APPELANTE<\/p>\n<p>Etablissement Public du Parc de la Grande Halle de la Vilette (EPPGHV)<\/p>\n<p>221 avenue Jean Jaur\u00e8s<\/p>\n<p>[&#8230;]<\/p>\n<p>Repr\u00e9sent\u00e9e par Me Fr\u00e9d\u00e9ric ZUNZ, avocat au barreau de PARIS, toque : J153<\/p>\n<p>INTIM\u00c9<\/p>\n<p>X\u2026<\/p>\n<p>53, all\u00e9e des Ormes<\/p>\n<p>[&#8230;]<\/p>\n<p>comparant, repr\u00e9sent\u00e9 par Me Evelyne ELBAZ de la SELARL CABINET ELBAZ, avocat au barreau de PARIS, toque : L0107<\/p>\n<p>COMPOSITION DE LA COUR :<\/p>\n<p>En application des dispositions des articles 805 et 907 du code de proc\u00e9dure civile, l&#8217;affaire a \u00e9t\u00e9 d\u00e9battue le 25 Septembre 2020, en audience publique, les avocats ne s&#8217;y \u00e9tant pas oppos\u00e9s, devant Mme Corinne JACQUEMIN, conseill\u00e8re, charg\u00e9e du rapport.<\/p>\n<p>Ce magistrat a rendu compte des plaidoiries dans le d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 de la Cour, entendu en son rapport, compos\u00e9e de :<\/p>\n<p>Madame Sophie GUENIER-LEFEVRE, pr\u00e9sidente de chambre<\/p>\n<p>Monsieur Beno\u00eet DEVIGNOT, conseiller<\/p>\n<p>Madame Corinne JACQUEMIN, conseill\u00e8re<\/p>\n<p>Greffier, lors des d\u00e9bats : Mme Nolwenn CADIOU<\/p>\n<p>ARR\u00caT :<\/p>\n<p>&#8211; CONTRADICTOIRE<\/p>\n<p>&#8211; mise \u00e0 disposition de l&#8217;arr\u00eat au greffe de la Cour, les parties en ayant \u00e9t\u00e9 pr\u00e9alablement avis\u00e9es dans les conditions pr\u00e9vues au deuxi\u00e8me alin\u00e9a de l&#8217;article 450 du Code de proc\u00e9dure civile<\/p>\n<p>&#8211; sign\u00e9 par Madame Sophie GUENIER-LEFEVRE, pr\u00e9sidente et par Madame Nolwenn CADIOU, greffier \u00e0 laquelle la minute de la d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 remise par le magistrat signataire.<\/p>\n<p>EXPOS\u00c9 DU LITIGE<\/p>\n<p>Y\u2026 a \u00e9t\u00e9 embauch\u00e9 au sein de 1&#8217;Etablissement Public du Parc et de la Grande Halle de la Villette (EPPGHV) par contrat de travail \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e \u00e0 effet au 13 f\u00e9vrier 2012 en qualit\u00e9 de chef de service s\u00e9curit\u00e9 au sein de la Direction g\u00e9n\u00e9rale\/S\u00e9curit\u00e9 (cat\u00e9gorie Cadre).<\/p>\n<p>L&#8217;EPPGHV est un \u00e9tablissement public industriel et commercial qui assure la gestion de l&#8217;\u00e9tablissement public du parc de la Grande Halle de La Villette.<\/p>\n<p>La mission de Y\u2026 consistait \u00e0 assurer la s\u00e9curit\u00e9 des installations de l&#8217;\u00e9tablissement et des visiteurs sur l&#8217;ensemble du Parc.<\/p>\n<p>Par courrier recommand\u00e9 avec avis de r\u00e9ception du 10 juillet 2015, Y\u2026 \u00e9tait convoqu\u00e9 \u00e0 un entretien pr\u00e9alable fix\u00e9 au 21 juillet 2015, avec mise \u00e0 pied conservatoire, puis licenci\u00e9 le 24 juillet 2015 pour faute.<\/p>\n<p>Contestant ces mesures et estimant son licenciement d\u00e9nu\u00e9 de cause r\u00e9elle et s\u00e9rieuse, Y\u2026 a saisi le conseil de prud&#8217;hommes de Paris le 22 d\u00e9cembre 2015, afin de faire valoir ses droits.<\/p>\n<p>Par jugement du 27 avril 2017, notifi\u00e9 le 23 juin 2017, le conseil de prud&#8217;hommes de Paris a requalifi\u00e9 la mesure en licenciement sans cause r\u00e9elle et s\u00e9rieuse et condamn\u00e9 l&#8217;EPPGHV \u00e0 payer \u00e0 Y\u2026 la somme de 60.000 euros \u00e0 titre d&#8217;indemnit\u00e9 pour licenciement sans cause r\u00e9elle et s\u00e9rieuse avec int\u00e9r\u00eats au taux l\u00e9gal \u00e0 compter du jour du prononc\u00e9 du jugement outre 700 euros au titre de l&#8217;article 700 du code de proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>L&#8217;EPPGHV a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 aux d\u00e9pens.<\/p>\n<p>Par acte du 3 juillet 2017, l&#8217;avocat de l&#8217;EPPGHV a interjet\u00e9 appel dudit jugement.<\/p>\n<p>Dans ses derni\u00e8res conclusions communiqu\u00e9es par voie \u00e9lectronique le 21 avril 2020, l&#8217;appelant demande l&#8217;infirmation du jugement et le d\u00e9bout\u00e9 de l&#8217;ensemble des demandes du salari\u00e9 ou ,\u00e0 titre subsidiaire, que les condamnations soient limit\u00e9es \u00e0 la somme de 28.400 euros brut.<\/p>\n<p>En tout \u00e9tat de cause, l&#8217;EPPGHV sollicite la condamnation de Y\u2026 \u00e0 lui verser la somme de 1.000 euros en application l&#8217;article 700 du code de proc\u00e9dure civile et \u00e0 assurer la charge des d\u00e9pens.<\/p>\n<p>Dans ses derni\u00e8res conclusions communiqu\u00e9es par voie \u00e9lectronique le 26 mai 2020, Y\u2026 demande la confirmation du jugement, sauf sur le quantum de la somme allou\u00e9e \u00e0 titre de dommages-int\u00e9r\u00eats et sollicite de la condamnation de l&#8217;EPPGHV \u00e0 lui verser \u00e0 ce titre la somme de 120.000 euros.<\/p>\n<p>\u00c0 titre subsidiaire, il requiert la confirmation du jugement.<\/p>\n<p>En tout \u00e9tat de cause l&#8217;intim\u00e9 demande la condamnation de l&#8217;EPPGHV \u00e0 lui verser la somme de 5.000<\/p>\n<p>euros au titre de l&#8217;article 700 du code de proc\u00e9dure civile et \u00e0 assurer le paiement des d\u00e9pens.<\/p>\n<p>Il convient de se reporter aux \u00e9nonciations de la d\u00e9cision d\u00e9f\u00e9r\u00e9e pour un plus ample expos\u00e9 des faits et de la proc\u00e9dure ant\u00e9rieure et aux conclusions susvis\u00e9es pour l&#8217;expos\u00e9 des moyens des parties devant la cour.<\/p>\n<p>Par ordonnance de cl\u00f4ture du 30 juin 2020, le conseiller charg\u00e9 de la mise en \u00e9tat a prononc\u00e9 la fin de l&#8217;instruction et a renvoy\u00e9 l&#8217;affaire en audience du 25 septembre 2020.<\/p>\n<p>SUR QUOI<\/p>\n<p>Sur le licenciement<\/p>\n<p>Aux termes de l&#8217;article L1232-6 du code du travail alors en vigueur, lorsque l&#8217;employeur d\u00e9cide de licencier un salari\u00e9, il lui notifie sa d\u00e9cision par lettre recommand\u00e9e avec avis de r\u00e9ception. Cette lettre comporte l&#8217;\u00e9nonc\u00e9 du ou des motifs invoqu\u00e9s par l&#8217;employeur.<\/p>\n<p>En application de cet article, la lettre de licenciement fixe les limites du litige et c&#8217;est au regard des motifs \u00e9nonc\u00e9s dans la lettre que s&#8217;appr\u00e9cie le bien-fond\u00e9 du licenciement.<\/p>\n<p>En l&#8217;esp\u00e8ce, la lettre de licenciement de Y\u2026 vise :<\/p>\n<p>&#8211; une utilisation des outils informatiques \u00e0 des fins personnelles pendant le temps de travail,<\/p>\n<p>&#8211; un comportement \u00ab plus g\u00e9n\u00e9ral \u00bb au sein de l&#8217;\u00e9tablissement en faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 3 griefs :<\/p>\n<p>o ne pas avoir correctement g\u00e9r\u00e9 l&#8217;affaire concernant M.C. en avril 2015,<\/p>\n<p>o avoir tenu des propos d\u00e9plac\u00e9s \u00e0 ses coll\u00e8gues,<\/p>\n<p>o \u00eatre rest\u00e9 enferm\u00e9 dans son bureau au lieu d&#8217;\u00eatre sur le terrain.<\/p>\n<p>Au soutien de son appel, l&#8217;EPPGHV fait valoir que Y\u2026 faisait un usage abusif d&#8217;Internet, passant plus de temps sur son ordinateur \u00e0 des fins personnelles qu&#8217;\u00e0 effectuer la mission pour laquelle il avait \u00e9t\u00e9 engag\u00e9. Il indique \u00e9galement que le salari\u00e9 a fait preuve d&#8217;un d\u00e9sint\u00e9r\u00eat total dans le management de son \u00e9quipe, et s&#8217;est abstenu de respecter les proc\u00e9dures mises en place.<\/p>\n<p>Y\u2026 soutient que les accusations formul\u00e9es par l&#8217;EPPGHV sont infond\u00e9es, que le mode de preuve utilis\u00e9 par l&#8217;employeur est attentatoire \u00e0 sa vie priv\u00e9e et doit donc \u00eatre rejet\u00e9 en ce que ce proc\u00e9d\u00e9 de contr\u00f4le n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 port\u00e9 \u00e0 sa connaissance ant\u00e9rieurement.<\/p>\n<p>Par ailleurs, l&#8217;intim\u00e9 ajoute que les motifs dans la lettre de licenciement ne sont pas pr\u00e9cis et objectifs, le pla\u00e7ant dans l&#8217;impossibilit\u00e9 d&#8217;apporter ses observations utiles.<\/p>\n<p>Concernant la lic\u00e9it\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments de preuve produits \u00e0 l&#8217;appui du premier grief<\/p>\n<p>Le salari\u00e9 soutient que l&#8217;employeur a proc\u00e9d\u00e9 au contr\u00f4le de donn\u00e9es personnelles par un moyen frauduleux et illicite, ce que conteste l&#8217;int\u00e9ress\u00e9.<\/p>\n<p>Conform\u00e9ment aux articles L.1121-1, L.1222-4 et L.2323-32 dans sa r\u00e9daction alors en vigueur du code du travail, les moyens de contr\u00f4le utilis\u00e9s par l&#8217;employeur ne doivent pas apporter aux droits et libert\u00e9s des salari\u00e9s des restrictions non proportionn\u00e9es ni justifi\u00e9es par la t\u00e2che \u00e0 accomplir ; les salari\u00e9s doivent \u00eatre inform\u00e9s notamment de la finalit\u00e9 du dispositif de contr\u00f4le et de la dur\u00e9e pendant laquelle les donn\u00e9es de connexion \u00e0 internet sont conserv\u00e9es et le comit\u00e9 d&#8217;entreprise doit avoir \u00e9t\u00e9 consult\u00e9 pr\u00e9alablement.<\/p>\n<p>De plus, si des proc\u00e9dures disciplinaires sont susceptibles d&#8217;\u00eatre engag\u00e9es sur la base de fichiers ainsi examin\u00e9s et conserv\u00e9s par l&#8217;employeur, les salari\u00e9s doivent en \u00eatre explicitement inform\u00e9s, par exemple, au moyen d&#8217;une charte.<\/p>\n<p>En l&#8217;esp\u00e8ce, la charte de 2015 (pi\u00e8ce 11 a), qualifi\u00e9e de \u00ab&#8217;nouvelle&#8217; comme venant remplacer celle de 2001&#8217;\u00bb par l&#8217;EPPGHV, soumise au comit\u00e9 d&#8217;entreprise (pi\u00e8ce n\u00ba7 : proc\u00e8s-verbal de la r\u00e9union du CE du 5 mars 2015) et communiqu\u00e9e \u00e0 l&#8217;inspection du travail (pi\u00e8ce n\u00ba8 : lettre d&#8217;envoi \u00e0 la DIRECCTE du 12 juin 2015) pr\u00e9voit, en son article 3, que les salari\u00e9s doivent utiliser internet \u00e0 des fins priv\u00e9es et autoris\u00e9es dans des proportions raisonnables.<\/p>\n<p>Il y est \u00e9galement sp\u00e9cifi\u00e9 que l&#8217;EPPGHV conservait, conform\u00e9ment aux dispositions de l&#8217;article 34-1 et des articles R10-12 et suivants du code des postes et des communications \u00e9lectroniques, les caract\u00e9ristiques techniques ainsi que la date, l&#8217;horaire et la dur\u00e9e de chaque communication.<\/p>\n<p>L&#8217;EPPGHV reconna\u00eet que Y\u2026 n&#8217;a effectivement pas sign\u00e9 cette charte informatique qui n&#8217;\u00e9tait pas annex\u00e9e \u00e0 son contrat de travail alors qu&#8217;il n&#8217;est ni d\u00e9montr\u00e9 ni m\u00eame soutenu qu&#8217;elle \u00e9tait annex\u00e9e au r\u00e8glement int\u00e9rieur de l&#8217;entreprise.<\/p>\n<p>C&#8217;est pas un moyen inop\u00e9rant que l&#8217;appelant soutient que ce document se trouverait en acc\u00e8s libre sur l&#8217;intranet de l&#8217;entreprise et que le salari\u00e9 en a \u00ab n\u00e9cessairement \u00bb eu connaissance puisqu&#8217;il la verse au d\u00e9bat alors que, d&#8217;une part, aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier ne permet d&#8217;\u00e9tablir que Y\u2026 \u00e9tait en possession de la charte au moment des faits qui lui sont reproch\u00e9s et que, d&#8217;autre part, en tout \u00e9tat de cause la mise sur l&#8217;intranet de cette charte ne peut suppl\u00e9er l&#8217;information personnelle et explicite des r\u00e8gles en vigueur.<\/p>\n<p>Il en r\u00e9sulte que le listing de connexions informatiques obtenues ainsi par l&#8217;EPPGHV sans respecter les dispositions des articles L.1121-1, L.1222-4 et L.2323-32 n&#8217;est pas recevable et ne peut donc constituer un moyen de preuve licite.<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, \u00e0 d\u00e9faut de preuve de l&#8217;existence de connexions d\u00e9montrant une utilisation excessive de l&#8217;internet par Y\u2026 \u00e0 des fins non professionnelles et de leur imputabilit\u00e9 au salari\u00e9, le premier grief n&#8217;est pas \u00e9tabli.<\/p>\n<p>Concernant le grief li\u00e9 au mode de management appliqu\u00e9 par Y\u2026 au sein du service<\/p>\n<p>En premier lieu, si l&#8217;employeur ne conteste pas que Y\u2026 a particip\u00e9 \u00e0 la d\u00e9couverte du harc\u00e8lement dont se rendait coupable un autre salari\u00e9 au sein de son \u00e9quipe et qu&#8217;il a \u00e9t\u00e9 demand\u00e9 \u00e0 l&#8217;intim\u00e9 de faire preuve de la plus grande discr\u00e9tion le temps d&#8217;engager la proc\u00e9dure de licenciement \u00e0 l&#8217;encontre de M. C., il est reproch\u00e9 \u00e0 Y\u2026, en sa qualit\u00e9 de manager, de ne pas avoir veill\u00e9 au bien-\u00eatre de chacun et de ne pas avoir remont\u00e9 \u00e0 la direction des ressources humaines les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es.<\/p>\n<p>Or, le grief tir\u00e9 de ce que Y\u2026 se serait abstenu de communiquer clairement sur le d\u00e9part de M. C. et n&#8217;aurait pas g\u00e9r\u00e9 son remplacement, \u00ab&#8217;laissant les membres de son \u00e9quipe dans l&#8217;expectative&#8217;\u00bb, n&#8217;est justifi\u00e9 par aucune pi\u00e8ce du dossier alors que, comme le souligne \u00e0 juste titre l&#8217;intim\u00e9, cette mission relevait des comp\u00e9tences de la direction des ressources humaines, qui avait proc\u00e9d\u00e9 au licenciement et qui avait pris en charge la mission de recrutement (pi\u00e8ce 11 du dossier de Y\u2026 : email d&#8217;information de Mme K.D directrice des ressources humaines).<\/p>\n<p>De plus, l&#8217;entrave dont Y\u2026 aurait \u00e9t\u00e9 l&#8217;auteur, dans le cadre de l&#8217;embauche d&#8217;un nouveau salari\u00e9, n&#8217;est pas davantage \u00e9tablie par l&#8217;EPPGHV.<\/p>\n<p>En deuxi\u00e8me lieu, s&#8217;agissant des propos d\u00e9plac\u00e9s qu&#8217;aurait tenus Y\u2026 \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de certains de ses coll\u00e8gues, plus particuli\u00e8rement de ses subordonn\u00e9s, l&#8217;employeur se fonde pour justifier ce grief, d&#8217;une part, sur l&#8217;attestation de M.G., (pi\u00e8ce n\u00ba6) \u00ab (&#8216;) La suite, je l&#8217;ai v\u00e9cue moi-m\u00eame en direct et malgr\u00e9 des entretiens individuels, \u00e0 l&#8217;unisson, les m\u00eames histoires sur des propos racistes, homophobes, des propos de rabaissement accompagn\u00e9s souvent de gestuelles d\u00e9plac\u00e9es. (&#8216;) Dans la narration de chacun des collaborateurs, il y a concordance et une tr\u00e8s grande souffrance \u00bb.<\/p>\n<p>Impr\u00e9cise et non circonstanci\u00e9e sur la nature des propos tenus, leur lieu et leurs destinataires, cette attestation, qui n&#8217;est corrobor\u00e9e par aucun autre t\u00e9moignage, \u00e9mane du successeur de Y\u2026 qui \u00e9tablissant un bilan, exprime une opinion sur son pr\u00e9d\u00e9cesseur.<\/p>\n<p>Elle n&#8217;\u00e9tablit donc pas l preuve des propos d\u00e9plac\u00e9s.<\/p>\n<p>Les comptes-rendus annuels d&#8217;\u00e9valuation de plusieurs salari\u00e9s dont se pr\u00e9vaut \u00e9galement l&#8217;employeur (pi\u00e8ces 14 \u00e0 19) sont \u00e9galement tr\u00e8s vagues quant aux reproches faits par certains membres de son \u00e9quipe \u00e0 Y\u2026.<\/p>\n<p>Or, il ne r\u00e9sulte pas des \u00e9l\u00e9ment ainsi recueillis par M.G, qui a r\u00e9alis\u00e9 les entretiens, que Y\u2026 ait tenu des propos d\u00e9plac\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de certains de ses coll\u00e8gues, plus particuli\u00e8rement vis \u00e0 vis de ses subordonn\u00e9s comme mentionn\u00e9s dans la lettre de licenciement ni qu&#8217;il restait constamment enferm\u00e9 dans son bureau.<\/p>\n<p>Aucun exemple de tels propos ou d&#8217;une attitude d\u00e9plac\u00e9e n&#8217;est d&#8217;ailleurs mentionn\u00e9 dans les comptes-rendus d&#8217;\u00e9valuation.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que le grief tir\u00e9 du comportement inadapt\u00e9 du salari\u00e9 n&#8217;est pas \u00e9tabli.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, il convient de confirmer le jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9 en ce qu&#8217;il a jug\u00e9 que le licenciement de Y\u2026 est sans cause r\u00e9elle et s\u00e9rieuse.<\/p>\n<p>Sur les cons\u00e9quences financi\u00e8res du licenciement<\/p>\n<p>Y\u2026, qui \u00e0 la date du licenciement, comptait au moins deux ans d&#8217;anciennet\u00e9 dans une entreprise employant habituellement au moins onze salari\u00e9s a droit, en vertu de l&#8217;article L.1235-3 du code du travail dans sa version applicable \u00e0 l&#8217;esp\u00e8ce, \u00e0 une indemnit\u00e9 qui ne saurait \u00eatre inf\u00e9rieure aux salaires bruts per\u00e7us au cours des six derniers mois pr\u00e9c\u00e9dant son licenciement.<\/p>\n<p>Au regard de son \u00e2ge au moment du licenciement, 54 ans, de son anciennet\u00e9 de 3 ans et 5 mois dans l&#8217;entreprise, du montant de la r\u00e9mun\u00e9ration qui lui \u00e9tait vers\u00e9e, de son aptitude \u00e0 retrouver un emploi au bout de 7 mois eu \u00e9gard \u00e0 son exp\u00e9rience professionnelle qui lui a permis d&#8217;\u00eatre embauch\u00e9 selon contrat \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e comme intendant dans un \u00e9tablissement scolaire \u00e0 Marcq en Baroeul (pi\u00e8ce 18 du dossier de Y\u2026), il convient de lui allouer, en r\u00e9paration du pr\u00e9judice mat\u00e9riel et moral subi, la somme de 30 000 euros.<\/p>\n<p>Sur le remboursement des indemnit\u00e9s ch\u00f4mage<\/p>\n<p>En application de l&#8217;article L.1235-4 du code du travail il convient d&#8217;ordonner d&#8217;office le remboursement par l&#8217;employeur, \u00e0 l&#8217;organisme concern\u00e9, du montant des indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage \u00e9ventuellement servies au salari\u00e9 du jour de son licenciement jusqu&#8217;au 26 septembre 2016, jour o\u00f9 il a retrouv\u00e9 un emploi, dans la limite de 6 mois d&#8217;indemnit\u00e9s.<\/p>\n<p>Sur les autres demandes<\/p>\n<p>L&#8217;EPPGHV doit \u00eatre condamn\u00e9 en application de l&#8217;article 696 du code de proc\u00e9dure civile aux d\u00e9pens d&#8217;appel et aux paiement \u00e0 Y\u2026 d&#8217;une somme de 2000 euros au titre de l&#8217;article 700 du code de proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>PAR CES MOTIFS<\/p>\n<p>CONFIRME le jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9 SAUF en ce qu&#8217;il a allou\u00e9 60 000 euros \u00e0 titre de dommages et int\u00e9r\u00eats pour licenciement sans cause r\u00e9elle et s\u00e9rieuse;<\/p>\n<p>INFIRME de ce seul chef,<\/p>\n<p>et statuant du chef infirm\u00e9,<\/p>\n<p>CONDAMNE 1&#8217;Etablissement Public du Parc et de la Grande Halle de la Villette \u00e0 payer \u00e0 Y\u2026 la somme de 30 000 euros.<\/p>\n<p>Y ajoutant :<\/p>\n<p>CONDAMNE 1&#8217;Etablissement Public du Parc et de la Grande Halle de la Villette aux d\u00e9pens d&#8217;appel ;<\/p>\n<p>CONDAMNE 1&#8217;Etablissement Public du Parc et de la Grande Halle de la Villette \u00e0 payer \u00e0 Y\u2026 la somme de 2000 euros au titre de l&#8217;article 700 du code de proc\u00e9dure civile ;<\/p>\n<p>CONDAMNE 1&#8217;Etablissement Public du Parc et de la Grande Halle de la Villette \u00e0 payer \u00e0 l&#8217;organisme ayant servi des indemnit\u00e9s ch\u00f4mage \u00e0 Y\u2026 du jour de son licenciement jusqu&#8217;au 26 septembre 2016, jour o\u00f9 il a retrouv\u00e9 un emploi, dans la limite de 6 mois d&#8217;indemnit\u00e9s.<\/p>\n<p>LE GREFFIER LA PR\u00c9SIDENTE<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un arr\u00eat r\u00e9cent de la Cour d\u2019appel de Paris (CA Paris, p\u00f4le 6, ch. 8, 25 nov. 2020, n\u00b0 17\/09132 &#8211; reproduit ci-dessous) \u00e9carte comme irrecevable le mode de preuve consistant en un listing de connexions informatiques produit en justice par l\u2019employeur ayant servi de fondement au licenciement d\u2019un salari\u00e9 pour utilisation abusive de son&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":5407,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[72,73],"tags":[],"coauthors":[94,103],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v21.3 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>La charte informatique n\u2019est pas opposable au salari\u00e9 qui n\u2019en a pas eu connaissance ! - 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